Isolation
La laine de verre absorbe l'humidité comme une éponge. Dans un van, où les variations de température créent de la condensation en permanence, elle se gorge d'eau, perd 80 % de sa capacité isolante, se compacte avec les vibrations, et finit par moisir et transmettre cette moisissure au bois adjacent. C'est l'erreur d'isolation la plus coûteuse à corriger car elle implique de démonter toute la structure intérieure.
Les nervures métalliques du fourgon sont des conducteurs thermiques directs entre l'extérieur glacé et l'intérieur chauffé. Une bonne isolation des panneaux entre les nervures ne sert à rien si les nervures elles-mêmes ne sont pas traitées. En hiver, vous pouvez "voir" les nervures sur la surface intérieure sous forme de traces de condensation ou de givre.
Un van parfaitement isolé sans ventilation efficace est une bombe à condensation. La respiration de deux personnes produit 1 à 2 litres d'eau par nuit. La cuisine ajoute encore de la vapeur. Sans extraction de cet air humide, la condensation s'accumule sur les surfaces froides, provoque des moisissures sur le bois et dégrade l'isolation sur le long terme.
Les produits multicouches (film bulles + aluminium, vendus sous des noms comme "Actis", "Triso", "Isofilm") sont massivement survendus avec des valeurs R équivalentes à 10 cm de laine de verre. Ces valeurs sont mesurées dans des conditions laboratoire irréalistes. En situation réelle, en plancher de van, leur résistance thermique effective est 5 à 8 fois inférieure à ce qui est annoncé. Vous payez cher pour presque rien.
Électricité
Une batterie AGM de 100 Ah ne fournit que 50 Ah utilisables (décharge à 50 % maximum pour ne pas l'endommager). Avec un frigo (30 Ah/j), un éclairage LED (5 Ah/j), un téléphone et un ordi (8 Ah/j), vous êtes déjà à la limite sans compter le chauffage diesel ou les jours sans soleil. La plupart des aménageurs débutants se retrouvent à "gérer l'énergie" en permanence, c'est-à-dire à stresser et à ne pas cuisiner correctement.
Une batterie AGM 100 Ah coûte 80-120 €. Une LiFePO4 100 Ah coûte 250-350 €. Le prix semble décider. Mais l'AGM se décharge à 50 % max (50 Ah utiles), vieillit rapidement si elle est régulièrement déchargée, et pèse 25-30 kg. Le LiFePO4 se décharge à 80-90 % (80-90 Ah utiles), dure 2 000-3 000 cycles contre 400-500 pour l'AGM, et pèse 12-15 kg. Sur 5 ans, le LiFePO4 coûte moins cher.
Relier directement la batterie de service à la batterie de démarrage pour la recharger en roulant est une erreur classique. Si la batterie de service se vide complètement, elle tire sur la batterie de démarrage et vous laisse en panne. Un coupleur séparateur (solution simple) ou un booster DC-DC (solution optimale pour LiFePO4) permet de recharger la batterie de service depuis l'alternateur sans risque.
Un câble trop fin chauffe sous charge et peut déclencher un incendie. Des connexions mal sertées ou vissées créent des résistances qui provoquent les mêmes problèmes. Un câble sans fusible proche de la source d'alimentation n'est pas protégé en cas de court-circuit. C'est la cause n°1 d'incendie de van à l'arrêt.
Les régulateurs PWM (15-30 €) gaspillent 20 à 30 % de la production solaire par rapport aux MPPT (60-120 €). Sur un panneau de 200 Wc, c'est 40-60 Wc perdus, soit l'équivalent d'un panneau de 50 Wc que vous payez mais ne récupérez pas. Le MPPT adapte en permanence le point de fonctionnement pour maximiser l'extraction d'énergie.
Eau
Un jerrican posé en vrac sous le plancher qui se déplace à chaque virage. Un réservoir encagé mais dont le bouchon de remplissage est inaccessible sans démonter un meuble. Un réservoir placé de façon à ce qu'on ne puisse pas voir le niveau restant. Ce sont des situations quotidiennes frustrantes qui finissent par décourager.
Un verre d'eau renversé sur un plan de travail en aggloméré non traité, et c'est la décoration de façade qui gonfle, le bois qui pourrit, et les moisissures qui s'installent sous l'évier. Dans un van, les micro-infiltrations autour de l'évier ou d'une jointure de plan de travail font autant de dégâts sur 2 ans que l'humidité extérieure.
L'eau utilisée pour la vaisselle ou le lavage des mains doit aller quelque part. Beaucoup d'aménagements ne prévoient aucune solution et finissent avec un seau sous l'évier, vidé à la main, qui déborde la nuit. Sur le long terme, les eaux grises stagnantes dans un espace fermé développent des odeurs nauséabondes en quelques jours.
Aménagement
Le syndrome de la première semaine : tout tient parfaitement dans le van. La deuxième semaine, les affaires commencent à s'éparpiller. Le premier mois, le van ressemble à une voiture de déménagement. Sans rangements en nombre et bien pensés, la vie en van devient vite inconfortable et stressante.
Il semble évident de commencer par construire les meubles, puis d'isoler autour. C'est pourtant l'ordre inverse du bon. Certaines zones d'isolation deviennent inaccessibles une fois les meubles posés. On se retrouve avec des ponts thermiques impossibles à traiter derrière un meuble vissé dans la structure.
Un lit de 180 × 70 cm "paraît assez grand" sur plan. Allongé dedans, les 70 cm de largeur deviennent étouffants pour une nuit, et 180 cm ne suffisent pas aux personnes de plus de 1 m80. La décision du lit est irréversible une fois le meuble construit — ou presque.
Les panneaux de particules (aggloméré) et le MDF gonflent irréversiblement au contact de l'eau. Les vis n'y tiennent pas dans le temps (les vibrations font travailler le bois et les trous de vis s'agrandissent). Un meuble de cuisine en aggloméré dans un van dure 2-3 ans dans le meilleur des cas.
Des meubles posés simplement sur le plancher se déplacent en roulant. Sur une route de montagne ou un chemin de terre, un meuble non fixé peut basculer ou glisser et bloquer l'accès aux portes arrière. Pire : un meuble lourd déboîté en roulant peut blesser.
Budget
"Mon budget est de 3 000 € pour tout l'aménagement" — c'est réalisable, mais rarement avec les équipements espérés. L'isolation seule coûte 300-600 €, l'électricité 400-800 €, le lit et le bois 300-600 €, la cuisine 200-400 €. Sans compter l'outillage, les imprévus, et les achats recommencés quand la première solution ne fonctionne pas.
Un fourgon avec 250 000 km acheté 4 000 € "pour pas cher" peut nécessiter 2 000 à 4 000 € de mécanique avant même de commencer l'aménagement. Transmission, suspension, turbine, injecteurs : les fourgons diesels sont robustes mais pas immortels. Un van "économique" qui tombe en panne au bout de 6 mois coûte plus cher qu'un van correct acheté 3 000 € de plus.
Sécurité
Le monoxyde de carbone (CO) est inodore, incolore, et mortel. Une plaque gaz qui fonctionne dans un van hermétiquement fermé peut produire des concentrations toxiques en moins de 30 minutes. Plusieurs décès de vanlifeurs ont été documentés en Europe ces dernières années, liés à des utilisations de gaz sans ventilation adéquate.